Communauté de jour, communauté de nuit

J’ai eu la chance de lancer et développer une très importante communauté en Espagne.

Au bout de quelques mois, j’ai eu un problème : quand l’Espagne s’endormait, des milliers de latinos se réveillaient de l’autre côté de l’Atlantique et débarquaient dans la communauté.

Ce qui était formidable, mais cela créait aussi un vrai décalage, car les mentalités n’étaient pas les mêmes. Et surtout : j’avais le sentiment de perdre la main sur le devenir de ma communauté. En clair, il se passait plein de choses en mon absence, et cela m’angoissait :)

Du coup, pour faciliter l’intégration des membres latinos, je me suis appuyé sur des membres espagnols de confiance et très actifs au sein de ma communauté : 1) ils se sont chargés de l’accueil des latinos et 2) ils ont identifié, parmi ces derniers, les plus actifs pour qu’ils jouent leur rôle auprès de leurs compatriotes.

Peu à peu, des habitudes se sont créées. Au final, les deux communautés ont appris à se connaître et à échanger. Plus tard, j’ai embauché un Community Manager « latino » dédiée à cette communauté, pour que celle-ci sente qu’on avait à coeur de bâtir quelque chose avec et pour eux.

Cette expérience m’a appris que notre rôle n’est pas de TOUT faire, bien au contraire : c’est à la communauté de faire, pas à nous.

Nous, nous leur facilitons la tâche.

Nous l’aidons à s’accomplir.

Nous mettons en relation et mettons de l’huile dans les rouages.

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3 Commentaires sur “Communauté de jour, communauté de nuit”

  • Bonjour Dominique,

    Si j’ai bien suivi, tu as contacté tes membres les plus actifs et sains de ta communauté espagnol, et tu leur as donné un statut particulier ?

    Ou c’était uniquement un accord tacite ?
    Est-ce que tu as choisis ceux qui se connectaient la nuit ?

    :)

    Xavier

  • Effectivement, j’ai demandé à des membres qui veillaient très tard ; quant au statut, ils étaient soit modérateurs officiels (et certains officieux), soit membres très actifs.

    Pour les premiers, ils étaient déjà spéciaux au sein de la communauté, avec des droits élargis.

    Quant aux seconds, ils étaient très demandeurs de responsabilité. J’avais l’embarras du choix.

  • Cette problématique se retrouve sur différentes langues, notamment les français et québécois. A l’heure où les uns se couchent, les autres débarquent.

    Je pense qu’au delà de la simple fonction d’animation et de développement de la communauté, il est fondamental de faire s’entendre des communautés qui ont un même terrain de jeu mais une culture différente.
    Aussi proche peuvent être français et québécois, la culture reste différente, la langue aussi, et certaines tensions peuvent naître.

    Un bon moyen d’éviter ces tensions est d’être actif en amont. Dominique l’a bien expliqué, créer un lien de communication entre ces communautés revient à les intégrer dans un même ensemble.
    Cela évite un certain communautarisme qui est à mon sens le pire ennemi d’une communauté, mais c’est un autre débat ;)

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