Quelle est la taille idéale d’une communauté ?
Plus votre communauté grandit, plus il devient difficile pour vos membres d’exister. Plus votre communauté grossit, plus elle devient intimidante pour les nouveaux venus.
Et plus il devient difficile (et motivant !) de la gérer.
Peut-on dire qu’il existe une taille maximale pour une communauté – un seuil critique au-delà duquel le chaos prend place et voue à l’échec le moindre de nos efforts ?
Ce débat n’est pas nouveau – loin de là.
Certains pensent qu’il y a une limite. Généralement, les travaux de Dunbar servent à étayer cette thèse – Dunbar est un scientifique qui a démontré que 150 était le nombre maximum pour que les interactions existantes aient encore du sens. Rappelons quand même que cet anthropologiste a réalisé ses travaux sur des primates – ce que nous sommes, certes, mais quand même…
D’autres pensent qu’il n’y a pas de limite.
Petite ou grande : des avantages de taille
Avoir plus de membres, c’est plus de discussions, ce qui rend votre communauté plus riche et vivante.
C’est plus de micro-communautés, ces communautés regroupant quelques dizaines de membres autour d’une thématique bien précise.
Là encore, votre communauté est plus dense et profonde. Les nouveaux membres qui la rejoignent ont potentiellement plus de possibilités de s’y sentir bien.
Gérer une « petite » communauté présente aussi de nombreux avantages. L’un des plus clairs est sans doute votre impact : dès lors qu’il y a moins de monde, chaque geste que vous faites est plus visible. D’où des répercussions plus importantes.
Pour vos membres, la plus-value liée à l’appartenance à votre communauté est, elle, plus tangible, palpable et évidente – ce qui pas toujours le cas sur une communauté plus importante où il existe parfois une dilution des valeurs.
Les relations intra-communautaires sur une petite communauté sont plus nombreuses, plus directs et intimes.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Est-ce que la taille de votre communauté correspond à ce que vous aviez prévu à son lancement ?
Avez-vous atteint une limite ou pensez-vous encore possible d’accueillir plus de membres tout en préservant l’ambiance de votre communauté ?


Bonjour,
Ton sujet est très intéressant. Je n’ai pas vraiment d’expérience dans la gestion de communauté. Mais je me pose une question. Comment définir la « taille critique d’utilisateur » pour une communauté ? On entend souvent parlé de ça dans les communautés émergentes vous expliquer le démarrage du service et quand le nombre d’utilisateur nécessaire au fonctionnement n’est pas atteint. Alors y a t’il une façon d’estimer ce nombre de façon assai général ?
A bientôt
Ahhh, un article sur le nombre de Dunbar :)
Effectivement, il émet son hypothèse (que la taille maximale d’un groupe est fonction de la taille du neocortex) en partant de résultats sur des primates non-humains.
Mais il ne s’arrête pas là : il compare ensuite son estimation avec la taille des groupes qu’on peut observer chez les humains. Et ça confirme son estimation initiale : environ 150.
Il ajoute que cette estimation n’est vraie que pour les groupes ayant une forte volonté de cohésion, par exemple les tribus nomades, les groupes militaires historiques, les villages en autarcie,…
Dans notre société actuelle, et plus particulièrement sur Internet, la cohésion étant moins importante (et pas nécessaire à la survie), la moyenne se rapprocherait plus de 60 à 90.
« Plus votre communauté grossit, plus elle devient intimidante pour les nouveaux venus. »
–> Je ne suis pas d’accord avec cela. Il est plus facile de se fondre dans une communauté plus grande, plus impersonnelle, que dans un petit groupe (trop) soudé où tout le monde se connaît déjà.
Par contre, il est plus difficile, dans une grande communauté, de se faire un nom, une place. Mais souvent, effectivement, se forment des sous-groupes.
Ca me rappelle les forums de futures mamans d’Auféminin ou d’ailleurs, où les groupes se forment par mois de date d’accouchement. Pour obtenir des groupes plus petits, et des expériences plus proches. En parallèle, se forment d’autres regroupements : les mamans de – de 25 ans, celles de + de 40, celles qui ont une famille nombreuse, celles qui attendent des jumeaux, etc. La communauté un peu grande se quadrille dans tous les sens, et s’organise. S’auto-organise, le plus souvent.