Samuel Bausson, du Muséum de Toulouse : « Les communautés réinventent le rôle du musée »

IMG 1040 Samuel Bausson, du Muséum de Toulouse : Les communautés réinventent le rôle du muséeWebmaster du Muséum de Toulouse, Samuel Bausson crée et développe des communautés sur Internet qui gravitent autour des thématiques du muséum. Réinventant, du même coup, le rôle du musée et notre perception en tant que visiteur.  

En deux mots, qui es-tu et que fais-tu ?
Je suis Samuel Bausson, webmaster au Muséum de Toulouse depuis 3 ans. Je suis webmaster au seins d’institutions culturelles ou administratives depuis 1998.
Qui sont tes membres ?
très variés. la plupart de la région mais aussi beaucoup des USA
de façon très schématique et simplifiée : des « scientifiques », naturalistes, passionnés pour la france et principalement sur Flickr. Des éducateurs/enseignants/bibliothèques sur Netvibes
des « artistes » visuels et des écologistes des USA sur Twitter
Comment communiques-tu avec eux ?
Via Twitter et Flickr (discutions et commentaires) principalement.
Où et comment valorises-tu le contenu créé par tes membres ?
Je le valorise sur le blog du muséum en faisant des diaporama, par exemple, des groupes flickr et de temps en temps en twittant une photo d’un des groupes. C’est un sujet et un enjeu très important : emmener les contenus du service public sur des plateformes privées.
Quel est, selon toi, l’outil qui apporte le plus à ta communauté ?
Flickr, pour l’affiliation de passionnés autours de l’approche naturaliste. Netvibes/Twitter : pour la diffusion de veille scientifique avec l’offre d’un bouquet de rss sur les thématiques du muséum via netvibes, et un flux d’actus scientifiques sur twitter (en collaboration avec la documentaliste du muséum).
Fais-tu de la modération ? Si oui, de quelle nature ? Interviens-tu parfois sur certains débats ? Joues-tu un rôle d’animateur ?
Oui sur Flickr en invitant les contributions, en commentant et nn mettant en lien les contributeurs. Pour le moment, il n’y a pas de débat ni de polémique.
Y a-t-il une présence physique de ta communauté quand on visite le musée : l’url du site sur des panneaux, le twitter du musée sur ton billet d’entrée,… ?
Oui, l’URL du web est sur les billets, sur les sacs de la boutique, sur les panneaux d’informations et les affiches de communication. En revanche, il n’y a pas l’adresse des sites communautaires.
Organises-tu des réunions avec des membres de ta communauté ?
Pour l’instant, non. Ma collègue, Maud Dahlem, a pris l’initiative d’un concours photo en septembre qui sera l’occasion de réunir les contributeurs Flickr.
De quoi es-tu le plus fier par rapport à ta communauté ?
Rien en particulier, si ce n’est d’avoir initié la démarche – assez tôt en France en tout cas – d’investir les réseaux sociaux et aller là où les internautes passionnés et « captifs » sur les thématiques du muséum étaient déjà… et pas seulement en faisant de la présence.
Je suis aussi très satisfait d’avoir apposer à nos contenus une licence CC (pas vraiment simple à négocier dans le cadre administratif où tous les contenus sont au final de la responsabilité éditoriale du maire de commune) dès l’ouverture du blog en novembre 2007. C’est plus ou moins symbolique, mais important pour être en cohérence avec notre démarche d’ouverture.
Cette initiative nous permet d’apprendre « en marchant » et de faire sans cesse des ajustement pour trouver le bon équilibre entre diffusion de contenus « experts » et « animation de communauté de contributeurs ».
As-tu des exemples de communautés créées autour d’un musée ou d’une expo ?
Click du brooklyn est un des exemples souvent cité et le plus abouti dans la démarche : http://www.brooklynmuseum.org/exhibitions/click/
L’approche communautaire est, semble-t-il, en train de réinventer aussi le rôle des musées : comment envisages-tu l’avenir des musées dans ce contexte ?
C’est LA question. C’est la question qu’il faut se poser, souvent « malgré soi » quand on est un « technicien » dans l’opérationnel, car en adoptant ces outils au final on interroge la démarche globale du musée et sa finalité. Ce faisant, on se confronte à des usages et conceptions souvent contradictoires. Tout l’enjeu est justement, à mon avis, d’intégrer une démarche participative dans l’offre muséale. Qu’elle soit en ligne ou sur place n’a finalement pas d’importance. L’esprit du web s’infiltre petit à petit mais se heurte à de forte résistance entre une conception ouverte à l’implication des publics et celle, prévalante dans la conservation, de l’expert qui donne à voir et transmet son savoir.
As-tu dû batailler pour imposer ta démarche à ta direction ? Comment t’y es-tu pris et as-tu des conseils à donner ?
C’est une question délicate. Je suis venu au Muséum parce que la démarche participative était inscrite dans la politique d’établissement. Des notions de « visiteur-acteurs », d’interpellation sur les questions d’écologie, de management délégatif (en interne), m’ont incité à venir ici et forcément résonné avec l’esprit du web.
Maintenant il nous reste encore à reellement inscrire cette démarche au quotidien et de façon « structurelle » (j’entend bien intégrée dans l’ensemble de l’offre du muséum et donc dans ses métiers, dans la pratique de ceux qui la produisent). Pour l’instant, le muséum est en cours de réorganisation et j’ai bon espoir que cela évolue.
Je n’ai pas de conseil à donner, sauf à insister sur le positionnement du « musée en ligne » (je préfère cette notion à « site web » de muséum, qui ne veut plus dire grand chose) comme un des espaces du muséum, au même titre que le muséum physique.
Ce positionnement est stratégique pour définir le rôle du webmaster. La pente naturelle est de confondre contenus et interfaces.
Insister sur le positionnemnent du site comme un lieu à investir par le museum dans son ensemble (pour éviter de faire du site du muséum celui du webmaster au final). Insister sur le déploiement en ligne des responsabilités métiers des collègues : très dur à faire passer, mais à mon sens une bonne façon d’impliquer, par la hiérarchie qui reste le moteur de l’administration, un fonctionnement transversal.
A mon avis, les choses deviennent plus concrète quand la direction (qui invoque souvent la « transversalité ») se charge d’évaluer l’investissement effectif de ses équipes sur les territoires numériques. Ensuite, il faut accompagner au quotidien les contributeurs et faire évoluer le cadre éditorial.
Sur ces questions d’organisations interne, je vous recommande la lecture d’un article de Palpitt (http://www.palpitt.fr/blog/index.php?post/2009/02/01/La-communication-mus%C3%A9ale-%C3%A0-l-heure-du-2.0-%3A-renouveler-les-canaux%2C-multiplier-les-supports) qui avait fait une sorte de synthèse de quelques commentaires que j’avais laissés sur son blog et celui de Diane Drubay à la fin de cette article
Sinon, quels sont, selon toi, les principales qualités d’un responsable de communauté ?
A mon avis, il faut avoir l’envie de créer un endroit agréable et incitatif pour les invités internautes. A celà j’ajoute la passion pour les thématiques abordés, sinon la motivation risque de partir sachant que sur ces communautés rien n’est vraiment « obligatoire ». Enfin, je pense qu’il ne pas être focalisé sur les outils, mais être motivé par trouver de nouvelles façon de faire du lien entre les objets, les thématiques du musée et les visiteurs qui se les approprient et en deviennent les ambassadeurs.
Twitter de Samuel Bausson : twitter.com/samuelbausson
Une présentation de l’activité de Samuel
http://www.slideshare.net/samuelbausson/museumdetoulouse2-presentation
16 octobre au Louvre, organisé par Samuel et le Centre Erasme à Lyon, société d’innovation muséograph et le Mucem, musée d’état de marseilleEn deux mots, qui es-tu et que fais-tu ?

En deux mots, qui es-tu et que fais-tu ?
Je suis Samuel Bausson, webmaster au Muséum de Toulouse depuis 3 ans. Je suis webmaster au seins d’institutions culturelles ou administratives depuis 1998.

Qui sont tes membres ?
Ils sont très variés, la plupart viennent de la région toulousaine mais aussi beaucoup des Etats-Unis. On trouve, de façon très schématique et simplifiée, des « scientifiques », des naturalistes, des éducateurs, enseignants,… Il y a aussi des « artistes » visuels et des écologistes américains sur Twitter.

Comment communiques-tu avec eux ?
Via Twitter et Flickr (discutions et commentaires) principalement.

Où et comment valorises-tu le contenu créé par tes membres ?
Je le valorise sur le blog du muséum en faisant des diaporama, par exemple, des groupes flickr et de temps en temps en twittant une photo d’un des groupes. C’est un sujet et un enjeu très important : emmener les contenus du service public sur des plateformes privées.

Quel est, selon toi, l’outil qui apporte le plus à ta communauté ?
Flickr, pour l’affiliation de passionnés autours de l’approche naturaliste. Netvibes/Twitter : pour la diffusion de veille scientifique avec l’offre d’un bouquet de rss sur les thématiques du muséum via netvibes, et un flux d’actus scientifiques sur twitter (en collaboration avec la documentaliste du muséum).

Fais-tu de la modération ? Si oui, de quelle nature ? Interviens-tu parfois sur certains débats ? Joues-tu un rôle d’animateur ?
Oui sur Flickr, en suscitant les contributions, en commentant et en mettant en lien les contributeurs. Pour le moment, il n’y a pas de débat ni de polémique.

Y a-t-il une présence physique de ta communauté quand on visite le musée : l’url du site sur des panneaux, le twitter du musée sur ton billet d’entrée,… ?
Oui, l’URL du web est sur les billets, sur les sacs de la boutique, sur les panneaux d’informations et les affiches de communication. En revanche, il n’y a pas l’adresse des sites communautaires.

Organises-tu des réunions avec des membres de ta communauté ?
Pour l’instant, non. Ma collègue, Maud Dahlem, a pris l’initiative d’un concours photo en septembre qui sera l’occasion de réunir les contributeurs Flickr.

De quoi es-tu le plus fier par rapport à ta communauté ?
Rien en particulier, si ce n’est d’avoir initié la démarche – assez tôt en France en tout cas – d’investir les réseaux sociaux et aller là où les internautes passionnés et « captifs » sur les thématiques du muséum étaient déjà… et pas seulement en faisant de la présence.

Je suis aussi très satisfait d’avoir apposer à nos contenus une licence Creative Commons (pas vraiment simple à négocier dans le cadre administratif où tous les contenus sont au final de la responsabilité éditoriale du maire de commune) dès l’ouverture du blog en novembre 2007. C’est plus ou moins symbolique, mais important pour être en cohérence avec notre démarche d’ouverture.

Cette initiative nous permet d’apprendre « en marchant » et de faire sans cesse des ajustement pour trouver le bon équilibre entre diffusion de contenus « experts » et « animation de communauté de contributeurs ».

As-tu des exemples de communautés créées autour d’un musée ou d’une expo ?
Click du brooklyn est un des exemples souvent cité et le plus abouti dans la démarche.

L’approche communautaire est, semble-t-il, en train de réinventer aussi le rôle des musées : comment envisages-tu l’avenir des musées dans ce contexte ?
C’est LA question. C’est la question qu’il faut se poser, souvent « malgré soi » quand on est un « technicien » dans l’opérationnel, car, en adoptant ces outils,  on interroge la démarche globale du musée et sa finalité.

Ce faisant, on se confronte à des usages et conceptions souvent contradictoires. Tout l’enjeu est justement, à mon avis, d’intégrer une démarche participative dans l’offre muséale.

Qu’elle soit en ligne ou sur place n’a finalement pas d’importance. L’esprit du web s’infiltre petit à petit, mais se heurte à de forte résistance entre une conception ouverte à l’implication des publics et celle, prévalante dans la conservation, de l’expert qui donne à voir et transmet son savoir.

As-tu dû batailler pour imposer ta démarche à ta direction ? Comment t’y es-tu pris et as-tu des conseils à donner ?
C’est une question délicate. Je suis venu au Muséum parce que la démarche participative était inscrite dans la politique d’établissement. Des notions de « visiteur-acteurs », d’interpellation sur les questions d’écologie, de management délégatif (en interne), m’ont incité à venir ici et forcément résonné avec l’esprit du web.

Maintenant, il nous reste encore à reellement inscrire cette démarche au quotidien et de façon « structurelle » (j’entend bien intégrée dans l’ensemble de l’offre du muséum et donc dans ses métiers, dans la pratique de ceux qui la produisent). Pour l’instant, le muséum est en cours de réorganisation et j’ai bon espoir que cela évolue.

Côté conseils, j’aimerais insister sur le positionnement du « musée en ligne » (je préfère cette notion à « site web » de muséum, qui ne veut plus dire grand chose) comme un des espaces du muséum, au même titre que le muséum physique.

Ce positionnement est stratégique pour définir le rôle du webmaster. La pente naturelle est de confondre contenus et interfaces. Il faut aussi insister sur le positionnemnent du site comme un lieu à investir par le museum dans son ensemble (pour éviter de faire du site du muséum celui du webmaster au final), ainsi que le déploiement en ligne des responsabilités métiers des collègues : très dur à faire passer, mais à mon sens une bonne façon d’impliquer, par la hiérarchie qui reste le moteur de l’administration, un fonctionnement transversal.

A mon avis, les choses deviennent plus concrète quand la direction (qui invoque souvent la « transversalité ») se charge d’évaluer l’investissement effectif de ses équipes sur les territoires numériques. Ensuite, il faut accompagner au quotidien les contributeurs et faire évoluer le cadre éditorial.

Sur ces questions d’organisations interne, je vous recommande la lecture d’un article de Palpitt, qui avait fait une sorte de synthèse de quelques commentaires intéressants sur ce sujet.

Pour terminer, quels sont, selon toi, les principales qualités d’un responsable de communauté ?
A mon avis, il faut avoir l’envie de créer un endroit agréable et incitatif pour les invités internautes.

A celà j’ajouterais la passion pour les thématiques abordés, sinon la motivation risque de partir sachant que sur ces communautés rien n’est vraiment « obligatoire ».

Enfin, je pense qu’il ne pas être focalisé sur les outils, mais être motivé par trouver de nouvelles façon de faire du lien entre les objets, les thématiques du musée et les visiteurs qui se les approprient et en deviennent les ambassadeurs.

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Le muséum de Toulouse : http://www.museum.toulouse.fr/?lang=fr

Le Twitter de Samuel Bausson : http://twitter.com/samuelbausson

Une présentation qui résume le travail de Samuel : http://www.slideshare.net/samuelbausson/museumdetoulouse2-presentation

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